Festival des idées gesticulantes : 3 octobre – De la fourche à la fourchette… Non ! L’inverse !

6 collectifs, 4 conférences gesticulées

La Fédération Départementale de la Maison des Jeunes et de la Culture de l’Aube, Ecol’Aube Festival, LÉclairCit, artisans du monde, la brasserie la Roof et e-graine sont fiers de mettre en commun leur énergie pour vous proposer ce festival pour la troisième année consécutive.

Dès le début de l’automne, pendant un mois, nous vous proposons chaque samedi une conférence gesticulée, accompagné ou non d’un atelier. L’entrée à chacun des spectacles est à prix libre.

Mathieu Dalmais :
De la fourche à la fourchette… Non ! L’inverse !

Face aux désastres du système agroalimentaire industriel, de nombreuses alternatives fleurissent mais ne concernent qu’une partie seulement de la population… Changer l’agriculture à grande échelle implique de généraliser l’accès à une alimentation de qualité. Comment faire ? Mettre en place une sécurité sociale de l’alimentation !

  • 3 octobre à 20h30
  • 1h30
  • Accueil et buvette dès 19h30
  • Centre Culturel Didier Bienaimé à La Chapelle Saint-Luc

Un mode de production, de distribution et de consommation désastreux

Alors que les désastres écologiques, économiques et sociaux d’une agriculture industrielle ne sont plus à démontrer, les initiatives pour produire, transformer et consommer autrement fleurissent, des plus intéressantes aux plus détestables – mais bien trop souvent réservées à une partie seulement de la population. Les tenants de l’agriculture industrielle argumentent qu’elle est nécessaire pour nourrir les pauvres, et se réjouissent d’une dualisation des modèles agricoles et alimentaires qui ne la remet pas en cause et dont ils espèrent bien tirer profit. L’aide alimentaire, empêchant les plus démunis de mourir de faim, est construite comme un soutien financier et idéologique à l’agriculture industrielle, privant ainsi du droit à l’alimentation – bien différent du droit à être nourri – 5,5 millions de personnes en France. Il devient primordial de penser comment généraliser l’accès de tous et toutes à une alimentation de qualité et choisie, sans quoi toute transformation du monde agricole est impossible, sans quoi toute agriculture paysanne n’a d’avenir que dans la marginalité ou la récupération.

L’agriculture et l’alimentation, un choix collectif

Le choix de ce que l’on mange est primordial pour assurer la dignité de tous et toutes. Le choix n’est pas qu’un mécanisme individuel parmi des produits proposés, quand bien même le critère économique ne serait plus un frein : le véritable choix est de pouvoir choisir ce qu’il y a dans les rayons, quelles sont leurs conditions de production, quels critères économiques, sociaux et environnementaux ils respectent. C’est à dire pouvoir tous et toutes s’exprimer en tant que citoyen·nes sur notre alimentation, et non en tant que consommateurs·trices. A la notion de souveraineté alimentaire – décrite ainsi lors de la déclaration de Nyéleni en 2007 « droit des peuples à une alimentation [suffisante] saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires » – on préférera alors celle de démocratie alimentaire, pour insister sur l’importance du processus démocratique dans l’élaboration de la souveraineté pour respecter le droit à l’alimentation de tous et toutes.

La sécurité sociale de l’alimentation

Et si l’on exerçait la démocratie alimentaire grâce à une sécurité sociale de l’alimentation ? Au delà du constat, cette conférence permet également de présenter le travail de l’association « Agricultures et Souveraineté Alimentaire » d’Ingénieur Sans Frontière sur le projet de sécurité sociale de l’alimentation. Aidé par différents réseaux et notamment réseau salariat pour la compréhension des mécanismes de la sécurité sociale, déjà-là exceptionnel pour penser la notion de démocratisation d’un secteur économique, ce projet propose d’étendre le principe de cotisation pour couvrir l’accès de tous et toutes à une alimentation de qualité, choisie à la fois individuellement et collectivement par un fonctionnement démocratique. Un hommage à l’un des fondamentaux de l’égalité en France, qui ne demande rien de mieux pour être protégé que d’être étendu à d’autres secteurs !

Mathieu Dalmais, agronome militant

Mathieu oriente son parcours autour de l’idéal démocratique de souveraineté alimentaire. Membre d’Ingénieurs Sans Frontières depuis 11ans, aujourd’hui via l’association « Agricultures et souveraineté alimentaire », il prolonge également ce militantisme dans son parcours professionnel.

Après une première conférence gesticulée « Vous êtes l’élite de l’élite de l’élite de la France – Pourquoi je refuse mon diplôme d’ingénieur » qui propose une déconstruction de l’institution école d’ingénieur, construite en 2014, Mathieu s’intéresse aujourd’hui à un second sujet : l’alimentation. Cette seconde conférence gesticulée permet de présenter le projet de « sécurité sociale de l’alimentation« , qui a été construit avec le groupe Agricultures et Souveraineté Alimentaire d’Ingénieurs Sans Frontières et quelques aides d’autres organisations comme réseau salariat (co-fondé par Bernard Friot) ou réseau Civam, afin de mettre en avant l’intérêt du fonctionnement originel de la sécurité sociale (universalité de l’accès, financement par cotisation, conventionnement démocratique de la production) pour penser une maîtrise démocratique d’un secteur économique.