Livres

L’entraide de Gauthier Chapelle et Pablo Servigne

Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.

Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide…

Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre ten­dance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internatio­nale pour ralentir le réchauffement climatique ?

À travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthro­pologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un im­mense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».

Nous aurions dû rester des singes de Gaël Derive

Gaël Derive, 40 ans, docteur ès sciences, est aujourd’hui l’un des experts les plus actifs et les plus engagés sur les questions de dérèglement climatique, auteur de deux documentaires dont « Une planète et une civilisation (2012) » projeté par Ecol’Aube festival le 3 octobre 2014. Une planète et une civilisation (2012). L’auteur a osé sortir des rapports scientifiques pour aller éprouver les effets déjà bien réels du dérèglement climatique. De ces rencontres à travers toute la planète, le scientifique revient bouleversé, avec cette certitude : si l’on veut éviter à l’humanité de demain la précarité alimentaire, l’absence d’eau potable, l’errance climatique et l’extension des violences, il faut se saisir de cette crise comme d’une chance pour construire des modèles économiques et sociaux qui nous permettront de « prospérer sans croissance ». Faute de quoi, peut-être eût-il mieux valu rester des singes…

Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi Vers la sobriété heureuse de Pierre Rahbi

Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

« J’avais alors vingt ans, et la modernité m’est apparue comme une immense imposture. » Dans cet ouvrage, Pierre Rabhi apporte son témoignage sur ce qu’il appelle la « sobriété heureuse », prise en tant que réelle valeur de bien-être, force de libération physique et morale.

Profession : Animal de laboratoire d’Audrey Jougla

La journaliste et philosophe raconte son enquête dans des laboratoires français publics et privés, pour un documentaire caméra cachée sur les tests menés sur les animaux et la prise en compte de la souffrance animale.

Écologie et politique d’André Gorz/Michel Bosquet

Des choix de société n’ont cessé de nous être imposés sous couvert de choix techniques. S’il se sert des mêmes outils, le socialisme ne vaudra pas mieux que le capitalisme; s’il perfectionne les pouvoirs de l’État sans favoriser en même temps l’autonomie des communautés et des personnes, il risque de basculer à son tour dans le technofascisme. L’expansion de cette autonomie est au centre de l’exigence écologiste. Elle suppose une subversion du rapport des individus à leurs outils, à leur consommation, à leur corps, à la nature.

Ce livre est impressionnant ! Écrit en 1975, il reste tout à fait pertinent aujourd’hui !

Écologica d’André Gorz

« Que nous sommes dominés dans notre travail, c’est une évidence depuis cent soixante-dix ans. Mais non que nous sommes dominés dans nos besoins et nos désirs, nos pensées et l’image que nous avons de nous-mêmes. C’est par lui, par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre. Mon point de départ a été un article paru dans un hebdomadaire américain vers 1954. Il expliquait que la valorisation des capacités de production américaines exigeait que la consommation croisse de 50 % au moins dans les huit années à venir, mais que les gens étaient bien incapables de définir de quoi seraient faits leurs 50 % de consommation supplémentaire.
En partant de la critique du capitalisme, on arrive donc immanquablement à l’écologie politique qui, avec son indispensable théorie critique des besoins, conduit en retour à approfondir et radicaliser encore la critique du capitalisme. Je ne dirais donc pas qu’il y a une morale de l’écologie, mais plutôt que l’exigence éthique d’émancipation du sujet implique la critique théorique et pratique du capitalisme, de laquelle l’écologie politique est une dimension essentielle. »